Conques à Toulouse Variante Rando Aveyron
Compostelle,  Randonnée,  Récit,  Récits de voyage

4 jours sur la Variante de Compostelle de Conques à Toulouse.

Après vous avoir présenté ma préparation pour cette courte randonnée en Aveyron, de Aubin à Najac, sur la Variante de Compostelle qui relie la Voie du Puy en Velay à celle d’Arles, j’avais envie de vous raconter ces 4 jours d’itinérance et de bivouac en solo !

Première journée – Aubin > Galgan – 12 kilomètres

Départ du petit village d’Aubin dans l’après midi. Je débute ma randonnée sur la place de l’église, et j’y découvre déjà le balisage, accompagné de la célèbre coquille jaune qui m’indique le chemin. Depuis mon premier chemin de Compostelle sur le GR 65, qui m’a tellement marqué, je n’avais qu’une envie: celle de repartir. Revoir cette coquille, et me commencer à marcher en la suivant, me rempli donc de joie !

Il fait très chaud aujourd’hui, les températures atteignent les 30°C, et je dois dire que mon gros sac sur le dos me pèse. Ma destination pour aujourd’hui est Peyrusse Le Roc, à 16 km d’Aubin, mais je décide de m’arrêter plus tôt. Si je dois en effet atteindre le village de Najac au bout de ces 4 jours, rien ne me presse vraiment et je préfère écouter mon corps et mes besoins.

Je trouve un joli endroit à l’ombre d’un petit bois, un peu avant le village de Galgan. Je m’y pose tranquillement, et profite de me retrouver en immersion dans la nature. J’écoute, je regarde, je respire pleinement.

Pour les curieux de voir cette journée en vidéo, voici le premier VLOG de cette journée :

Deuxième journée – Galgan > Villeneuve d’Aveyron – 20 kilomètres

Je me réveille sous la tente parsemée de gouttes de pluie. Plusieurs averses m’ont réveillées dans la nuit. Je me faufile hors de ma tente et découvre un ciel d’un gris menaçant. Je regarde la météo de la journée : averses et quelques éclaircies sont annoncées.

Je range mon campement, sans prendre le temps de faire sécher ma toile de tente. Je préfère me rapprocher d’un village rapidement, en cas d’averse soudaine. Lorsque je bivouaque, la pluie, et surtout se retrouver trempée, peut vite être source de problème et m’empêcher de profiter pleinement de la randonnée et des nuits sous tente.

Je trouve le chemin très bien balisé, et surtout bien entretenu pour une variante peu fréquentée. Mais ce matin, pas de chance, le tracé du chemin me fait passer dans les herbes hautes encore mouillées sur plusieurs centaines de mètres…si bien que mes chaussures se retrouvent rapidement imbibées d’eau. Je continue mon chemin, en espérant que le temps va tourner au soleil pour que je puisse sécher

Peyrusse le Roc

Arrivée sur Peyrusse Le Roc, personne. Le petit village comme le site historique sont déserts. La seule âme vivante que je croise est un chien curieux qui vient renifler mon pique nique.

Malgré les gros nuages gris, je ressent une atmosphère particulière dans ce lieu. Cette cité médiévale, et notamment les grandes tours qui se dressent sur ce roc massif, donnent encore aujourd’hui un sentiment de grande puissance.

Le chemin continue à travers la région verdoyante de l’Aveyron. Je marche environ 16 kilomètres, ponctué de pauses et de quelques éclaircies. Sur le chemin, je découvre un petit panneau indiquant la présence d’un gîte pour pèlerin dans le prochain village, Villeneuve d’Aveyron, qui est ma destination pour aujourd’hui.

Moi qui n’ai jusqu’ici encore croisé aucun pèlerin, je suis étonnée de voir qu’il existe des hébergement pour pèlerin sur cette variante. Il faut dire que je n’étais même pas sûr de voir le chemin balisée par la coquille de St-Jacques, alors je vais de bonne surprise en bonne surprise !

J’arrive en fin d’après-midi dans le village de Villeneuve d’Aveyron, ancienne bastide encore très bien préservée. Le temps pour la nuit étant encore incertain et n’ayant pas pu faire sécher ma toile de tente ni mes chaussures, je décide donc de me rendre pour la nuit à la Maison des Pèlerins. Située en plein coeur du village, sur la place de l’église, ce gîte communal est plein de charme.

Je suis accueillie chaleureusement par Stéphanie, et je découvre avec plaisir que je ne serais pas toute seule à y passer la nuit : deux autres pèlerines font aussi étape ici !

Après m’être installée dans ma chambre et une bonne douche chaude, je vais me promener dans les petites rues, m’achète de quoi me cuisiner un repas, et passe la soirée avec Monique et Emmanuelle, les deux pèlerines qui sont avec moi au gîte.

Cette deuxième journée en vidéo :

Troisième journée – Villeneuve d’Aveyron > Villefranche de Rouergue – 14 kilomètres

Je me réveille ce matin et regarde par la fenêtre le temps du jour : le ciel est toujours gris. Cela ne m’empêche pas de garder le sourire.

Ce matin, je prend mon temps dans le gîte pour me préparer, puis je finis ma visite de Villeneuve, notamment en passant à l’église où l’on peut encore voir dans la partie romane d’anciennes fresques représentant la légende du pendu dépendu (que l’on retrouve dans La Légende Dorée de Jacques de Voragine), représentant des pèlerins en route vers Compostelle.

Puis c’est reparti ! Aujourd’hui direction la ville de Villefranche de Rouergue. Je prend mon temps sur le chemin, la journée de marche étant courte (seulement 14 kilomètres).

L’arrivée sur Villefranche me déplait. Je suis toujours très mal à l’aise en tant que randonneuse de devoir traverser et marcher le long de grosses routes sans trottoir, où les voitures viennent me frôler à vive allure. Je pense d’ailleurs que cette impression est accentuée du fait qu’en randonnée, je passe beaucoup de temps sur des petits chemins calmes au milieu de la nature, et me retrouve projetée soudainement dans la civilisation moderne et agitée du trafic des voitures.

Sur ma route, j’ai croisé de nouveau Martine et Emmanuelle, les deux pèlerines rencontrées dans le gîte de Villeneuve d’Aveyron. Nous continuons donc à marcher toutes les trois ensemble jusque Villefranche, puis, sans vraiment le vouloir nous nous perdons dans les rues de cette grande ville. Faute de les retrouver je me dis qu’elles ont du se rendre à leur hotel. On se croise, on se côtoie puis on se perd de vue… c’est le chemin !

Je visite rapidement Villefranche de Rouergue, notamment son impressionnante collégiale Notre-Dame. Puis je prends le temps de me ravitailler en eau et nourriture, et je continue le chemin, afin de sortir de cette grande ville et de me trouver un lieu où bivouaquer.

J’ai appris, après être rentrée de ma randonnée, qu’il existe à Villefranche une Chapelle de Saint-Jacques, classée monument historique, et que j’ai donc manqué. Dommage ce sera pour une prochaine fois !

Mon campement pour la nuit.

Quatrième journée – Villefranche > Najac – 23 kilomètres

Quelle belle surprise en me réveillant ce matin : le soleil vient caresser ma toile de tente, et je me lève le cœur en fête, avec le chant des oiseaux.

Gros nuages, averses et éclaircies ensoleillées se mêlent tout au long de cette journée. Je profite tout de même pleinement du chemin, le sentier étant presque exclusivement constitué de passages entre champs, fermes et forêts. De belles caselles, ces constructions caractéristiques de l’Aveyron et du Lot, réalisées en pierre sèche et sans aucun liant, ponctuent le chemin.

Après le pique nique du midi, je m’arrête dans un petit village pour prendre un café. Et alors que je m’apprête à remettre mon sac sur le dos et quitter le lieu, je vois entrer…Martine et Emmanuelle ! Moi qui ne pensais plus les revoir ! Une belle surprise du chemin. On prend le temps de papoter, Martine a du mal à marcher, et elle décide de prendre un taxi pour rejoindre Najac. Emmanuelle me propose de marcher la suite de l’étape ensemble et j’accepte avec grand plaisir.

L’arrivée sur Najac, avec cette vue sur son château se dressant au loin, me fait beaucoup d’effet. La montée est dure jusqu’en haut de ce village médiéval perché sur son rocher. Une fois là-haut nous retrouvons Martine et visitons le village.

Puis, arrive déjà l’heure pour moi de rentrer. Je garde le sourire aux lèvres en disant au revoir à mes compagnes de route… Et c’est en me dirigeant vers la minuscule gare déserte de Najac que je réalise, avec un pincement au cœur : c’est ici que se termine mon chemin.

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