Chemin de Compostelle normandie eure
Randonnée,  Récit

De Rouen à Compostelle, Etape 3

Après être arrivée à Elbeuf lors de ma dernière étape sur le Chemin de Compostelle au départ de chez moi, il est temps de continuer ! C’est donc pour une quarantaine de kilomètres sur deux jours, et avec une nuit en gîte, que je reprends le chemin. Sur cette étape j’ai décidé de proposer à ma maman de m’accompagner. Cela faisait un moment que j’avais envie d’entreprendre un bout du Chemin de Compostelle entre mère et fille.

C’est donc bien équipées pour la marche hivernale (j’ai aidé ma mère a choisir ses vêtements et son matériel) que nous partons d’Elbeuf à Evreux, quittant ainsi la Seine-Maritime pour l’Eure.

Depuis Rouen, nous prenons un bus pour rejoindre le Chemin de Compostelle dans Elbeuf. La sortie de la ville démarre en trombe avec une belle montée. Le chemin quitte rapidement la ville pour entrer en forêt…et nous rencontrons des chasseurs postés de part et d’autre du chemin. Le premier chasseur nous explique que la chasse (par rabattage) est en cours. En passant sur le chemin, nous allons nous retrouver en plein dans la ligne de tir… Il accepte finalement que nous passions (parce que nous lui rappelons que c’est un chemin balisé, et que nous ne pouvons pas prendre de variante…). Par précaution, nous avons mis nos couvres-sac de pluie fluorescents. Je suis très stressée à l’idée de marcher sur le chemin alors que les chasseurs sont à l’affût. Nous entendons le son du cor de chasse au loin. J’accélère le pas, ma mère, bien moins stressée que moi, accepte de me suivre à ce rythme. Une fois enfin sorties de la forêt je respire à nouveau !

Après une bonne heure de de marche, nous faisons une première pause à l’église de Saint-Cyr la Campagne. Malheureusement, toutes les petites églises des villages que nous traversons sur le chemin sont fermées.

Nous continuons sur le chemin. Le temps est gris mais se maintient et la température est agréable pour marcher. Le balisage est bien fait et je retrouve toujours avec grand plaisir les quelques coquilles qui parsèment le chemin. Les paysages varient agréablement entre forêts, petits villages et chemins à travers champs.

Vers 5 heures du soir, alors que le soleil commence à se coucher, nous arrivons dans le petit village de Les Landes – Canapeville. C’est là que nous nous arrêterons pour la nuit, après une vingtaine de kilomètres de marche. Nous avons réservé dans un accueil pèlerin, en donativo, par les frères missionnaires de campagnes. Nous sommes accueillis dans une petite dépendance et le réconfort de la chambre chauffée et de la douche est toujours très agréable après une bonne journée de marche. Nous partageons le repas tous ensemble. Il nous apprennent que seulement 5 à 10 pèlerins par ans passent chez eux et ça me parait si peu !

Le lendemain matin, nous partons à la noirceur. Nous souhaitons profiter de toute la lumière du jour, relativement courte en hiver. Je trouve que c’est toujours une expérience extraordinaire que de partir au petit matin : Les oiseaux chantonnent, le soleil se lève, les animaux s’éveillent. Nous voyons au loin deux biches passer dans un champ.

Marcher sur le Chemin de Compostelle avec des gens de mon entourage, et ici avec ma mère, me tient tout particulièrement à cœur. Le défi pour moi à travers ce nouveau chemin, c’est de partager ma passion pour la marche, même dans des paysages plus plats et moins « attractifs ». Pour moi, ces paysages poussent à l’introspection, à travers une marche méditative pendant laquelle on peu se pencher pleinement sur ce qui se passe en nous.

Le chemin débouche à travers une grande ferme. Les vaches encore endormies sur leur bute de paille nous regardent passer tranquillement.

Vers 11 heures, nous arrivons dans le village de Hondouville, où nous nous ravitaillons pour pique niquer le midi.

Le chemin nous fait traverser l’Eure à plusieurs reprises, et découvrir ses vieux moulins aujourd’hui abandonnés, sur les bords de la rivière.

Puis nous attaquons une longue montée en forêt, avant de retrouver les grandes étendues plates des champs de betteraves. Le vent commence à se lever, les nuages s’obscurcissent, et un bon crachin normand se met à tomber. Nous avançons malgré tout, toujours avec des rires aux lèvres pour nous encourager !

Il nous reste encore quelques kilomètres en forêt avant d’arriver dans la ville d’Evreux.

J’ai été très agréablement surprise par cette ville et son impressionnante Cathédrale où j’ai pu me recueillir avant de reprendre un bus à la gare routière d’Evreux, avec Maman afin de rentrer chez nous à Rouen.

C’est ici que s’achève ma troisième étape sur le Chemin de Compostelle au départ de chez moi. Et j’ai bien hâte de continuer sur une prochaine !

Et pour finir voici la vidéo de cette étape, en compagnie de ma maman ⬇

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